02.08.2008

LA HAINE

Le Nouvel Observateur 31 juillet 2008

Jacques JULLIARD

La haine

«Continuez comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée...» C'est la conclusion de cette lettre ouverte aux socialistes

Chers socialistes, vous ne vous aimez pas. Voilà pour moi le fait majeur; celui qui, plus que la panne d'électricité intellectuelle, plus même que le défaut d'un leader incontesté, explique le doute qui plane aujourd'hui sur le PS et la difficulté qu'il a d'exister comme parti.

J'ai failli commencer cette lettre en vous donnant du «chers camarades». Et puis, non. Je ne puis vous appeler camarades puisque vous n'arrivez même pas à vous conduire en camarades. Je connais quelques-uns d'entre vous personnellement. Chacun a des qualités, des défauts, des manies, des amours, un musicien favori, des souvenirs d'enfance; parfois même un idéal. Un être humain en somme.

Que l'on vous voie réunis et le cauchemar commence. Ce ne sont que coups tordus, allusions perfides, manoeuvres d'arrière-salle de bistrot. Et surtout la haine. Oui, la haine entre vous.

L'ambition aussi bien sûr, et cela est normal. Mais la haine ? Je scrute les visages, car c'est la chose la plus intéressante du monde. J'ai vu l'autre jour l'arrivée en groupe, à je ne sais quelle réunion fractionnelle, de ceux qui s'appellent, Dieu sait pourquoi, les reconstructeurs, puisqu'ils passent leur temps à démolir. Mais qu'importe ! Cela, c'est de la politique politicienne. Ce qui m'importe, c'est le reste. Les mimiques faussement détachées, les rictus derrière des airs d'impénétrable sérénité. Les plis du visage, ceux qu'impriment sans retour les nuits blanches des commissions de résolution, le scepticisme de bon ton, le cynisme, le mépris de l'autre, l'envie de tuer. Mais comment des êtres humains normaux peuvent-ils respirer et accepter volontairement de vivre dans des atmosphères aussi empoisonnées ? C'est pour moi un mystère.

Tenez, le cas Ségolène. Je n'avais pas d'affinités particulières avec elle, et pour la candidature présidentielle, j'inclinais au départ pour François Hollande. Mais après que vous l'ayez désignée, je me suis mis à la soutenir sans arrière-pensées. Pas vous ! Vous devriez avoir honte de la façon dont vous avez traité et dont vous traitez encore votre candidate. Avez- vous fait assez de gorges chaudes à propos de ses positions hostiles au nucléaire iranien, fût-il civil ? Lequel d'entre vous a-t-il reconnu qu'elle avait raison ? Quand elle déclare justement que la libération d'Ingrid Betancourt ne doit rien à la diplomatie française, vous faites cause commune avec toute la droite : décidément, cette effrontée ne sait pas se tenir. Quand elle dénonce en Nicolas Sarkozy le parti de l'argent, vous toussotez et regardez ailleurs.

Quand, victime de trois effractions et mises à sac très suspectes, elle finit par s'interroger publiquement sur la mansuétude de la police, votre souci est de l'enfoncer. Des preuves ! On veut des preuves !

Avec des camarades comme vous, les aboyeurs professionnels de l'UMP peuvent partir en vacances.

Il faut croire qu'il y a dans ce bouillon de culture délétère de la Rue-de-Solferino quelque chose de contagieux, quand on voit à son tour Ségolène se déchaîner contre Jack Lang, coupable d'avoir voté selon ses convictions au Congrès de Versailles. Comment une femme comme elle, qui n'a pas craint de défier l'orthodoxie et la discipline de son parti à la veille du second tour de la présidentielle, en prenant langue avec François Bayrou, peut-elle se laisser aller à traiter Jack Lang de «traître», pour quelque chose d'infiniment moins grave ? Quelle imprudence ! Quelle inconséquence ! Quel alignement moral sur ses pires ennemis !

Continuez tous comme cela et la réélection de Sarkozy est assurée. Car enfin, s'il n'y a pas entre militants socialistes un minimum d'amitié, d'estime, de solidarité; s'il n'y a pas un peu de cette fibre fraternelle qui nous rend proches d'Eugène Varlin, de Jean Jaurès, de Pierre Mauroy, alors Manuel Valls a raison : il faut vite changer de nom; ce parti ne mérite plus de s'appeler socialiste. Au fait, je connais le jour où Ségolène Royal vous est devenue définitivement insupportable. C'était à Charléty, à la veille du premier tour de la présidentielle. Elle s'était écriée : «Aimons-nous les uns les autres

30.07.2008

De l'opposition en démocratie

Des proches de Ségolène Royal répondent aux députés socialistes qui, après le vote sur la Constitution, avaient, dans " Le Monde ", reproché au PS son opposition systématique au gouvernement

Nous serons courts. La gauche ne doit pas s'abîmer dans une discussion creuse comme un puits sans fond sur les avantages et inconvénients de s'opposer un peu, beaucoup, à la folie ou passionnément.

Fallait-il s'associer à la réforme constitutionnelle proposée par Nicolas Sarkozy ? Si la réponse a été non, la faute en revient à son promoteur. Il n'a pas su résister à la gourmandise de la majorité sénatoriale qui a sanctuarisé la Chambre haute pour se l'adjuger ad perpetuam. Ainsi, avant même d'en débattre, la moitié du Parlement avait été préemptée. La réforme pouvait discuter de tout, sauf de l'attribution du Sénat à la droite. Au moins est-on sûr qu'une majorité applaudira le président lorsqu'il viendra chercher des félicitations sur les bancs du Parlement. Il n'a pas su non plus résister à la tentation de limiter le droit d'amendement, droit fondamental des parlementaires. Curieuse conception de la revalorisation des assemblées !

La méthode elle-même supposait une conférence de consensus entre les grandes familles politiques. Le pouvoir a préféré faire son marché en débauchant ici ou là telle pièce que, à l'image d'un jeu d'échecs, on prend à son adversaire. D'emblée, c'est une stratégie de contournement des partis institués de l'opposition et de la gauche que le pouvoir a mise en place.

Enfin le succès supposait du président lui-même une exemplarité qu'on est bien en mal de trouver dans sa pratique du pouvoir. De la justice aux médias, la présidence exerce déjà une emprise que la réforme ne viendra nullement contrecarrer, puisque, en matière de nominations, la majorité parlementaire souscrira aux voeux de la présidence. D'où le verrouillage bien compris du Sénat.

Nous disons à nos amis qui s'interrogent sur la bienséance de l'opposition : pour être courtois, encore faut-il ne pas être contraint de s'excuser lorsque l'on vous a marché sur les pieds !

Nous voyons en effet peu à peu s'esquisser un régime politique de type nouveau, qui entend concentrer tous les pouvoirs, pour installer une domination idéologique et culturelle durable.

La droite décomplexée suffirait au bien du peuple. Quelques-uns à gauche sont sélectionnés par elle, dès lors qu'ils consentent aux règles du jeu qu'elle leur a imposées. Tous les autres sont rejetés du côté de la force obscure.

Cette concentration des pouvoirs est non seulement dangereuse, mais elle est de surcroît inapte à réformer réellement le pays. Seule la mise en mouvement de toute la société permettrait de mener des réformes justes et durables.

En fin de compte, ce pouvoir et cette droite veulent une société de la résignation. La France dévisse, l'inquiétude grandit parmi nos concitoyens confrontés à une grave crise économique, sociale et écologique. Une France inégalitaire se fabrique sous nos yeux, où tous ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois paient une politique dont les bénéficiaires sont les " importants " et les " puissants ". Pendant les travaux constitutionnels, le détricotage des droits sociaux continuait : suppression massive de postes dans l'éducation, cadres pressurés par l'augmentation du forfait jours, accords d'entreprises d'autant plus valorisés que le syndicalisme y est faible, couteau placé sous la gorge des chômeurs, priés d'être enfin raisonnables...

Quelle fraternité peut-on espérer d'une telle déchirure ? Quel dynamisme, quelle volonté, quel espoir dans l'avenir quand tout semble joué et que les réseaux d'influence et de cooptation l'emportent sur les efforts et le travail ? Et ce n'est que le début. C'est pourquoi la domination culturelle, dans les médias notamment, est un enjeu capital car elle peut fabriquer de la résignation et brouiller la perception qu'une autre politique est possible.

La politique d'un tel pouvoir ne se divise ni ne s'épluche comme les quartiers ou la peau d'une orange. Elle est un bloc. C'est d'ailleurs ainsi qu'elle se présente et qu'elle se rengorge pour reprendre, depuis un an, le même couplet inquiétant et lancinant sur la fin de la gauche ou la mort du Parti socialiste.

Nous nous opposerons à chaque fois que cela sera nécessaire, sans tomber dans la première embuscade tendue. Nous nous opposerons d'autant plus fermement que nous proposerons d'autres valeurs et une autre politique : révolution fiscale, préparation de l'après-pétrole, consolidation de notre protection sociale, VIe République. Combattre et proposer vont évidemment de pair : un combat sans propositions est vain, mais des propositions qui ne sont pas forgées dans un combat politique seraient désarmées.

Il n'est pas juste de confondre la fermeté avec le sectarisme. En matière de convictions, la fermeté n'est pas un réflexe conditionné, elle est une preuve, celle qui nous est demandée dès aujourd'hui par de nombreux Français qui veulent espérer ; c'est elle aussi qui nous sera demandée en 2012. Voilà pourquoi nous appelons les socialistes à l'unité et au courage.

David Assouline (sénateur PS, Paris),

Delphine Batho (députée PS, Deux-Sèvres),

Dominique Bertinoti (maire du 4e arr. de Paris),

Jean-Louis Bianco (député PS, Alpes-de-Haute-Provence),

Aurélie Filippetti (députée PS, Moselle),

Guillaume Garot (député PS, Mayenne),

Jean-Pierre Mignard (avocat),

Vincent Peillon (député européen).

27.07.2008

PAGNOLESQUE le PS?

François
Qu’est-ce tu regardes comme ça ?

Bertrand
Tu as une bien belle chemisette !
Mais donner une cohérence à la gauche et un espoir à la France là !

Martine
C’est ma mère qui l’a faite. Mais Bertrand !
clarté, courage, créativité, choisir maintenant, pour agir demain
Pourquoi aujourd’hui ? quand je propose
une vision pour espérer, une volonté pour transformer.

Marc
Ça ne me ferait pas peur tu sais !
Hardi les gars !
Debout la Gauche !

Gaetan
Aux Militants ?

Utopia
Toi ! tu partirais en courant jusqu’à la Joliette, pour clamer haut et fort que tu es
socialiste, alter mondialiste, et écologiste.

Laurent
Tu crois ca ? Moi ! je préfère
Reconstruire à Gauche.

Ségolène
Oui Laurent !
Tu es tout le temps à réfléchir et à penser, tu ne baisse jamais les yeux. Moi ! Je préfère
Combattre et proposer

Frédéric
Regarde-moi un peu, pour voir !
Je propose
l’unité et refondation

Benoit
En regardant la fille du café de la régence, il pense à sa
Reconquête

Jean Marc
Avec ça, il ne faut pas dire que tu ne la connais pas !
Ha !
réussir ensemble le congrès du Parti Socialiste

Pierre à Jean Marc
J’ai
besoin de Gauche

Alors tu n’es pas capable de te déclarer, nous ! nous voulons que
la Ligne soit Claire.

Jean Luc
Ne mélangeons pas tout ! il faut
réinventer la Gauche.

Pascal
Avec la grande blonde ? Oui ! nous voulons
un socialisme du XXI ème siècle en France.

Marie Noëlle
ça tu n’en sais rien ! Il faut
Changer.

Gérard
La blonde ?
Non !
d’abord il faut redistribuer les richesses.

Marylise
Quand ? C’est mieux avec
Brêves de Campagnes

Gérard
Pour un socialisme écologique ?

Pierre
Il faut appeler le Samu car ! c’est
l’urgence Sociale.

Jacques
Oh ! le pauvre fada ! quelle mentalité !
Et si le parti restait Socialiste !

soit :21 Contributions... C'est Pagnolesque.

Marc Rode

21.07.2008

"Le sarkozysme, c'est le régime du mépris généralisé »

Propos recueillis par Dominique de Montvalon et Henri Vernet
dimanche 20 juillet 2008 | Le Parisien
SÉGOLÈNE ROYAL vient de signer avec le sociologue Alain Touraine un livre chez Grasset : « Si la gauche veut des idées ». Elle l'a dédicacé hier chez elle, à Saintes (Charente-Maritime). L'ex-candidate à l'élection présidentielle - aujourd'hui candidate au poste de premier secrétaire du PS - suit son chemin sans s'occuper de ceux qui, même à gauche, la décrivent comme de plus en plus isolée.

Elle se veut sans concessions envers l'actuelle majorité, et surtout Nicolas Sarkozy. Son souhait : que la révision constitutionnelle - qui sera soumise demain à Versailles aux députés et sénateurs réunis en Congrès - échoue. Selon elle, c'est un texte « médiocre ». La tentative de proposer in extremis à la gauche et au centre une dose de proportionnelle pour les futures législatives ? « Un os à ronger », réplique-t-elle, cinglante. Une censure systématique ? « Je ne fais que mon devoir d'opposante. »

Malgré les ultimes concessions du gouvernement, pensez-vous que le PS doit, demain à Versailles, dire non à la révision constitutionnelle ?

Ségolène Royal. Pour que la France se réforme, il faut un Parlement plus représentatif de la société française, et surtout un Parlement - Assemblée nationale et Sénat - où chacun se consacrerait à plein-temps à sa tâche. Le mandat unique s'impose donc, et il n'en est malheureusement pas question dans le texte.

Par ailleurs, il y manque tant de choses !... Où sont les garanties et les moyens d'indépendance de la presse ? Aujourd'hui, que constate-t-on en effet ? Une mainmise des groupes financiers proches du pouvoir sur les principaux médias, et la tentative de mise sous tutelle du service public de l'audiovisuel. Il manque aussi ces deux autres piliers que sont la démocratie sociale - on a vu récemment la façon humiliante dont Nicolas Sarkozy traite les syndicats - et la démocratie territoriale, avec une nouvelle étape de décentralisation qui permettrait à l'Etat d'être plus efficace. Il ne serait donc pas moral de donner quitus à un gouvernement qui, tous les jours, donne de mauvais exemples de gestion des affaires publiques.

« Je tiens à remercier la police »

Et si on proposait in extremis au PS et au MoDem une petite dose de proportionnelle pour les législatives ?

Il s'agit de mieux faire fonctionner la République, et il y aurait des bouts d'amendement lâchés comme un os à ronger à la gauche et au centre au dernier moment par le président de la République. Ces méthodes ne sont pas sérieuses.

Si la révision échoue demain à Versailles, pourra-t-on parler d'une victoire du PS ?

Non. On pourra simplement parler d'un échec du pouvoir en place qui a cru pouvoir acheter des parlementaires ou faire pression sur eux pour faire adopter un texte médiocre.

Nicolas Sarkozy ironise beaucoup sur vous : « Celle-là, si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer. Elle est vraiment trop. »

Il a dû faire un lapsus. Il a dû penser : « Elle est vraiment top. Si elle n'existait pas, elle manquerait beaucoup. » (éclats de rire) A ce niveau d'agressivité de la droite, je fais le choix de l'humour !

Que savez-vous des enquêtes menées après les cambriolages dont vous avez été victime ?

Il n'y a pas eu de cambriolages mais, pour la seconde fois, une mise à sac de mon domicile et six vols d'ordinateurs dans mon entourage proche. Je suis très étonnée que l'Elysée ait diffusé à la presse de fausses informations. Le procureur doit rester le seul habilité à communiquer. Mon avocat est en contact avec la direction de la PJ, et je tiens à remercier la police de son travail minutieux et attentif.

« L'incroyable désinvolture du président vis-à-vis de son Premier ministre... »

On laisse entendre que votre appartement ne serait pas fermé comme il devrait l'être...

Je suis une mère de famille, je vis avec mes enfants. Comme tout un chacun, j'aspire à leur sécurité. Maintenant, les intrusions, ça suffit.

Le Premier ministre souffre d'une sciatique, et Nicolas Sarkozy a laissé entendre par ailleurs qu'il serait remplacé en 2009...

C'est un manque de respect et une incroyable désinvolture de la part du chef de l'Etat vis-à-vis de son Premier ministre. Tout le monde, il est vrai, est malmené. La justice n'est pas respectée, le Parlement non plus. Les syndicats sont piétinés, les services publics négligés. Les agriculteurs et les pêcheurs ont été insultés. Et les forces armées - contraintes de défiler le 14 Juillet devant Bachar el-Assad sans aucune excuse de sa part pour les soldats massacrés au Drakkar - ont été bafouées. C'est le régime du mépris généralisé, qui produit une déchirure institutionnelle, sociale et humaine.

Que vous inspire l'état du PS ?

Le PS est la seule organisation politique qui prépare son congrès de façon aussi sérieuse même si, sans doute, les Français trouvent tout cela long et compliqué. Pour ma part, avec tous ceux qui ont travaillé avec moi, nous faisons des propositions très concrètes sur la réforme des retraites, la révolution fiscale, la réforme énergétique, etc. Notre contribution - qui a déjà reçu sur notre site plus de 6 000 signatures - s'engage très clairement sur le mandat unique des parlementaires. Et nous nous prononçons sur les stratégies d'alliance : il faudra, le moment venu, non seulement rassembler toute la gauche, mais attirer à nous tous les démocrates et aussi toutes celles et ceux qui veulent que la France retrouve une espérance. Nous faisons aussi le décryptage de la vraie nature du sarkozysme, avec ses amis du club du Fouquet's, ces milliardaires qui ont reçu des chèques de remboursement d'impôts pendant que la majorité des Français est aujourd'hui en difficulté et que de plus en plus de catégories sociales, qui se croyaient à l'abri, sont fragilisées. Le PS, pour être moderne, doit répondre sans tabous aux défis d'aujourd'hui. Dans le livre que je viens de publier - avec Alain Touraine -, nous nous sommes tous deux longuement arrêtés sur les questions économiques. Par exemple, le pouvoir doit cesser de camoufler son impuissance en imputant tout à la mondialisation. Il y a un autre modèle économique possible, et d'autres choix sociaux sécurisants.

L'accord dont bénéficie Bernard Tapie, dans l'interminable feuilleton du Crédit lyonnais, vous heurte-t-il ?

Le pouvoir doit s'expliquer. Tapie a-t-il bénéficié d'arrangements personnels hors normes ? Si oui, pour quelles raisons ? Pour contourner la justice de droit commun au profit d'une procédure d'arbitrage, il a fallu l'accord du gouvernement. Je note que François Bayrou - qui connaît bien Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit lyonnais - demande, lui aussi, une commission d'enquête.

« Personne ne peut exercer sur moi un quelconque chantage »

Etes-vous inquiète de ce qui s'est passé sur le site nucléaire du Tricastin ?

La filière nucléaire est, par définition, une filière à risques. Mais ils doivent être maîtrisés, contrôlés et transparents. En tout cas, cela prouve qu'il faut impérativement garder le secteur de l'énergie et la filière nucléaire sous le contrôle de l'Etat. Parce que la sécurité nucléaire - qui impose des investissements à long terme - doit relever de la puissance publique, et pas de la loi du profit à court terme. De ce point de vue, la fusion Gaz de France-Suez, soi-disant faite pour concurrencer EDF et faire baisser les prix, ce qui est un leurre, m'inquiète.

Vous qui êtes un censeur de l'action du président de la République, et qui critiquez tant son action...

Attendez !... Quand la gauche ne réagit pas, les gens disent : mais où est-elle ? Quand je remplis mon rôle d'opposant en disant des choses justes et sans concessions de forme, je ne fais que mon devoir. Nombreux sont les Français qui m'encouragent dans cette voie car ils veulent que Nicolas Sarkozy arrête les dégâts. En plus, je ne fais pas que combattre : je propose.

Vous en avez déconcerté plus d'un au moment de la libération d'Ingrid Betancourt. Nicolas Sarkozy, avez-vous dit, n'y est pour rien. Et c'est tout...

Est-ce faux ?

Ingrid Betancourt a remercié le président...

Répondez-moi. Les propos que j'ai tenus sont-ils faux, excessifs ?

Vous ne regrettez donc pas vos propos ?

Si le responsable politique qui dit la vérité subit un lynchage médiatique parce qu'il a exprimé en termes simples et directs la vérité des faits, c'est curieux. Je ne dépends d'aucun groupe financier. Je n'ai personne à placer. Je n'ai jamais rien fait de malhonnête dans ma vie. Donc, personne ne peut exercer sur moi un quelconque chantage : je continuerai à dire la vérité comme je la vois et comme les très nombreux Français que je rencontre me la disent avec une profonde exaspération et un besoin d'espoir auquel je veux répondre.

19.07.2008

Nicolas Sarkozy veut la tête de Franz-Olivier Giesbert

INFO OBS Le président de la République a demandé la tête de "FOG" à son ami François Pinault, le propriétaire du Point. Il considère que l'hebdomadaire n’est pas suffisamment sarkozyste.

Franz-Olivier Giesbert (Sipa)

Incroyable mais vrai : Nicolas Sarkozy a demandé la tête de Franz-Olivier Giesbert, dit "FOG", PDG du Point, à François Pinault, fondateur du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute), propriétaire de l’hebdomadaire. La nouvelle est piquante concernant un news magazine qui ne passe pas franchement pour être un suppôt de la gauche… Mais le président de la République considère que Le Point n’est pas suffisamment sarkozyste. Il n’avait pas apprécié, le mot est faible, la publication dans ce journal en décembre dernier, des bonnes feuilles du livre d’Anna Bitton sur Cécilia Sarkozy et l’avait fait savoir à l’époque. Il n’adore pas non plus les tribunes de Valéry Giscard d’Estaing dont l’esprit serait trop libre.

Plus récemment, il n’a pas goûté du tout la couverture sur "Sarkozy et les psy". Cette dernière incartade de FOG a été la goutte d’eau qui a conduit le chef de l’Etat à décrocher son téléphone pour appeler François Pinault.

Où s’arrêtera Sarkozy ? Son influence dans le groupe Lagardère (Paris-Match, Europe-1, Le Journal du Dimanche) n’est plus à démontrer, son ami Martin Bouygues veille sur TF1 et Etienne Mougeotte sur Le Figaro. Mais cela ne lui suffit pas. Après Le Point, qui ?

14.07.2008

Ségolène ROYAL

Chères amies, chers amis,

Le 27 juin dernier, je n'ai pas été victime d'un cambriolage, j'ai été l'objet d'une volonté délibérée de déstabilisation. Et ce, à la veille d’un discours politique important, où je mettais en cause la mainmise du clan Sarkozy sur la France.

Ce ne sont pas des voleurs qui sont venus à mon domicile : on ne m'a même pas volé une boucle d’oreille ! La police elle-même a déclaré mercredi 11 juillet qu’il s’agissait d’une « mise à sac ».

Il fallait que les visiteurs sachent à quelle heure précise j'allais rentrer à mon domicile, à quelle heure précise il n'y avait personne dans l'appartement. C'est un travail de professionnel, maîtrisé, organisé.

Les « visiteurs » ont fouillé mon domicile. Ils ont trouvé la précédente plainte que j'avais déposée. Ils l'ont déchirée et ils l'ont laissée bien en évidence sur un meuble. C’est une mise en scène préméditée.

C'est la troisième fois que mon domicile est visité. La première c'était en août 2006, déjà à la veille d'un discours important, drôle de coïncidence.

Alors, je vous le dit, ce n'est pas d’une affaire personnelle dont je vous parle. C'est une affaire politique d'une extrême gravité. C’est un scandale dans une démocratie comme la France. Dans une démocratie on ne peut pas accepter cela, on ne peut pas le passer sous silence. De même, on ne peut pas accepter que d’autres responsables politiques - comme Olivier Besancenot - aient fait l’objet d’une surveillance. Le climat est lourd dans notre démocratie.

Volonté délibérée de déstabilisation mais volonté de qui ?

J’ai dit qu’il y avait une drôle de coïncidence, que l’on visite mon domicile à la veille d’un discours politique important. Deux choses me paraissent scandaleuses : d'abord la passivité des autorités de l’Etat, ensuite les insultes du Premier ministre et de l’UMP.

La passivité de l’Etat a été injustifiable. Vous connaissez un pays démocratique dans lequel le domicile d’un responsable de l’opposition est mis à sac trois fois ? Cela fait quinze jours que le pouvoir est parfaitement au courant de ce qui s'est passé. La police est venue et a fait un travail admirable ; le Procureur est resté jusqu'à 3 heures du matin. Le ministère de la Justice et le pouvoir sont donc parfaitement au courant. Et il y a eu des articles de presse dès le lendemain des faits.

Or que se passe-t-il ? Même pas une réaction officielle, même pas un coup de téléphone, rien. Tout se passe comme si on voulait nier ce qui s'est passé. Comme si c'était sans importance et sans gravité. Dans n'importe quelle démocratie, le pouvoir aurait condamné cette mise à sac avec force.

En moins de deux ans, il y a eu six violations de domiciles, concernant des membres de mon équipe ou moi-même. Jamais les coupables n’ont été arrêtés.

Et puis la deuxième chose qui me scandalise, c'est la réaction de la droite à mes propos. Il n’y a pas eu un seul responsable de droite pour reconnaître la gravité de cette affaire. Ils ont voulu me déstabiliser pour me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus. Ils n’y parviendront pas.

En ce qui concerne les révélations sur les empreintes digitales d’une jeune femme retrouvées chez moi, lors de la « visite » de mon appartement en 2006, je vous renvoie au communiqué de Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d’avenir, que vous trouverez ci-dessous.

Sachez qu’on ne m’arrêtera pas. Je continuerai avec vous, et avec d’autres, à dénoncer la mainmise du clan Sarkozy sur tous les pouvoirs. On ne fera pas taire la gauche. Croyez-moi.



À très bientôt,

Ségolène Royal

12.07.2008

Message de Daniel Schneidermann

La gazette d'@rrêt sur images, n° 28
Une ancienne candidate à la présidentielle subit, voici deux semaines, une intrusion avec effraction à son domicile. Il s'agit manifestement d'une tentative d'intimidation. Que croit-on qu'il se passe ? Rien. Le parti au pouvoir ricane (c'est déjà scandaleux), et les médias (c'est inquiétant) ne lèvent pas la paupière (1). Et Ségolène Royal doit aller au 20 Heures, donner de la voix, et accuser implicitement (sans preuves) le « clan Sarkozy », pour réveiller tout le monde (2). Le lendemain, c'est Laurent Fabius qui assure à la télévision qu'il a eu, lui aussi, le sentiment d'être écouté et suivi. Alors ? Toujours rien. Son intervieweur passe à autre chose (3). Eh bien nous, à @rrêt sur images, ce silence général nous crie aux oreilles. Nous continuerons donc à suivre les enquêtes politiques et médiatiques sur cette affaire. Quels qu'en soient les résultats.

Quelques abonnés, sur nos forums, se sont émus de l'arrivée d'un nouvel abonné pas tout à fait comme les autres, Nicolas Princen, le conseiller chargé par Sarkozy de surveiller l'Internet (et notamment ce que dit l'Internet du président). Il a souscrit un abonnement, sous son nom. Nous l'avons remarqué. Par transparence, nous l'avons dit immédiatement (4). Que les inquiets pour notre liberté se rassurent : nous allons veiller à donner de la lecture, beaucoup de lecture, à Nicolas Princen. Pour commencer, il peut visionner notre émission de cette semaine, qui revient sur la saga de la commission Copé, avec des producteurs qui en étaient membres. Espoirs, revirements, incohérences : les oreilles du patron de Nicolas Princen vont siffler. Les meilleurs moments de notre émission sont ici (5). Et pour vous abonner, c'est là (6).

Daniel Schneidermann

11.07.2008

Désirs d'Avenir :la Syrie ne s’est jamais excusée à ce jour.

Et ça continue ! La mainmise du clan Sarkozy sur la France ne s’arrête pas aux médias, aux groupes industriels et aux cadeaux fiscaux pour une bande de privilégiés. Voilà maintenant que même l’armée fait les frais d’un chef de l’État, incapable de tolérer la moindre critique.

Nicolas Sarkozy a lancé une enquête non-officielle pour connaître le nom des officiers supérieurs qui avaient signé une tribune dans la presse, sous le pseudonyme de Surcouf. Leur tort ? Être déçus du Livre blanc sur la défense et reprocher à l’exécutif d’avoir trop peu consulté les militaires, pourtant les principaux concernés. L’expression anonyme, voilà le seul moyen que ces officiers avaient pour se faire entendre, jugeant la situation trop inquiétante pour continuer de se taire.

« Amateurisme des propositions », portant la marque de « lubies insuffisamment étudiées » : la critique était juste, la critique mettait le doigt là où ça faisait mal. Le Livre blanc a fait le choix de renforcer les programmes d’équipement, en négligeant totalement le facteur humain (54 000 suppressions d’emplois). « Une réduction prévisible et sans imagination du format des armées, à peine compensée par d’hypothétiques innovations technologiques et organisationnelle. Il y a comme une imposture à présenter ces résultats comme un progrès dans l’efficacité de l’instrument militaire », écrivent ces officiers clairvoyants.

Aux nombreuses insuffisances dont souffre le Livre blanc, s’ajoute l’abandon des territoires frappés par ces coupes sombres. La Défense n’a pas pour but premier d’aménager les régions, soit. Mais les implantations militaires participent au dynamisme des territoires. On ne peut fermer des régiments sans se demander ce que deviendront les nombreuses villes qui vivent de la présence de l’armée.

Ce sont justement les pratiques autistes et centralisatrices d’un pouvoir aveugle aux réels besoin de la France qui ont forcé les officier inquiets de Surcouf à s’exprimer anonymement dans la presse. Aujourd’hui, ils sont poursuivis par des chiens de chasse qui devraient traquer d’autres lièvres.

Et voilà que Nicolas Sarkozy jette une nouvelle injure à la face des forces armées en leur imposant la présence, lors du défilé du 14 juillet, du président syrien Bachar El Assad. Responsable de l’attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983 qui avait coûté la vie de 58 parachutistes français, la Syrie ne s’est jamais excusée à ce jour.

08.07.2008

Sancho PANZA rappelé à l'ordre

Lang rappelé à l'ordre par le PS après ses critiques contre Royal

Par Clément Daniez (avec agence)
Le bras droit de François Hollande, a rappelé à l'ordre lundi l'ancien ministre de la Culture Jack Lang © CHAMUSSY / SIPA

C'est un retour de bâton pour Jack Lang. Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, a rappelé à l'ordre lundi l'ancien ministre de la Culture ainsi que le député du Gers Philippe Martin. La raison ? Ils se sont "associés" au concert de huées de la droite contre Ségolène Royal. L'ancienne candidate à la présidentielle avait déclaré jeudi que Nicolas Sarkozy "n'a été absolument pour rien" dans la libération d'Ingrid Betancourt. Jack Lang avait alors fustigé la "rare mesquinerie" et le "manque d'élégance morale" des propos de la présidente de Poitou-Charentes tandis que le fabiusien Philippe Martin les avait jugés "assez tristes et un peu consternants". Cette mise au point fait écho aux propos tenus par le député Julien Dray lundi matin, pour qui "un dirigeant socialiste doit être solidaire de son parti".

"Je le dis aux socialistes : il y a une règle. On ne doit pas apporter sa voix" et "on ne peut pas s'associer avec la droite, lorsqu'elle mène une offensive comme celle-là contre un membre du Parti socialiste", et "en particulier contre son ancienne candidate à la présidentielle", a déclaré le député européen Stéphane Le Foll lors du point presse hebdomadaire du PS. Le directeur de cabinet du premier secrétaire a dénoncé la campagne d'"insultes" menée par la droite contre l'ancienne candidate.

07.07.2008

Que veut cacher l'UMP?

Que veut cacher l'UMP avec la fausse polémique autour de S.Royal et d'I.Bétancourt?
Les propos de Ségolène Royal sur la libération d'Ingrid Bétancourt ne cessent d'alimenter une polémique.

Avec cette fausse polémique, on peut vraiment se demander de quoi l'UMP veut détourner notre attention puisque les propos initiaux de Ségolène Royal Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération." ne diffèrent guère de ceux de Claude Guéant qui a déclaré "Dans cette opération précise, les Français n'ont pas pris part."

Cette polémique ne serait-elle pas qu'une petite manipulation politicienne de la part de l'UMP servant non seulement à égratigner un leader de l'opposition mais aussi à dissimuler des "loupés" de la majorité? Décryptage d'une polémique organisée....

Que cache cette polémique montée en épingle?

Hypothèse 1: les gaffes de François Fillon au Québec
Samedi une allusion de François Fillon au «Vive le Québec libre» du général de Gaulle a été qualifiée de «grave entorse au protocole diplomatique» par un grand quotidien anglophone canadien.
En rappelant le souvenir «déplaisant» de la visite du Général Charles de Gaulle, il y a 41 ans «M. Fillon s'est mêlé inutilement et imprudemment de questions d'unité nationale qui ne le concernant en rien», a fulminé le quotidien de référence The Globe and Mail dans un éditorial.
Rappelant que le Premier ministre français a également qualifié de «pays», la province francophone du Québec, le Globe and Mail estime que «sa conduite constitue une grave entorse au protocole diplomatique».

Hypothèse 2 : La probable venue de Nicolas Sarkozy au JO de Pékin
Alors qu'il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy avait évoqué la possibilité d'un boycott des JO, Nicolas Sarkozy va très probablement annoncer, en marge du G8 au Japon la semaine prochaine, qu'il se rendra à Pékin le 8 août pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, selon nombre de ses amis politiques de l'UMP. Pour le Point, cela s'appelle "un exemple de "Real Politik"" ou "une volte-face diplomatique."

Hypothèse 3 : le mauvais sondage de Nicolas Sarkozy
La côte de Nicolas Sarkozy perd quatre points par rapport au mois de juin, à 33%, selon le baromètre TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine rendu public jeudi 3 juillet. 65% des sondés ne font pas confiance au président de la République.
33% des personnes interrogées déclarent faire "tout à fait" (5%) ou "plutôt" (28%) confiance à Nicolas Sarkozy pour "résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement". 65% (+4) ne lui font "plutôt pas" (28%) ou "pas du tout" (37%) confiance.

Il est à noter que l'UMP utilise souvent cette stratégie de détournement de l'attention, les exemples les plus flagrants ayant été l'annonce du divorce entre Nicolas Sarkozy et Cécilia en pleine grève ou encore l'annonce du nouvel amour du président lors de la polémique Khadafi...